Compagnie Collectif Azimut Impro

Infos utiles

Adresse : Grenoble

E-mail : azimutimpro38@gmail.com

Téléphone : 0786647153

L’interview

Propos de Théo et Paola. recueillis par Johan RIVOIRE en 2025

Peux-tu me donner quatre mots qui te représentent au sein de la compagnie ? 

Théo : Organisateur. Fédérateur. Chaleureux. Dynamique.

Paola : Dynamique. Joyeuse. Curieuse. Et souriante.

Peux-tu me donner quatre mots qui représentent la compagnie ? 

Théo : Paritaire. Accueillante. Souple. Curieuse.

Paola : Inclusive. Accessible. Adaptable et amusante.

Est-ce que tu peux me faire un bref historique de la compagnie ?

Théo : Le collectif Azimut Impro a été fondé de manière informelle à travers une dizaine de personnes en juin 2024, à l’initiative de notre secrétaire actuel, Frédéric, via des liens d’amitié, de participation aux cours d’impro et de quelques personnes venues d’un groupe Facebook pour jouer une fois par mois dans un bar qui a aujourd’hui disparu.
À l’été 2024, la dynamique s’essouffle un petit peu. Et durant les mois d’été et de rentrée 2024-2025, j’ai fortement cogité et consulté sur ce qui se faisait en impro sur le bassin grenoblois et également en essayant de m’inspirer de ce qui se faisait ailleurs.
J’en suis venu à proposer des concepts applicatifs et organisationnels pour favoriser le brassage des personnes sur Grenoble dans l’impro, assurer un décloisonnement et une reprise en main des expériences de spectacles d’impro dans des bars et petites salles, par les élèves, pour les élèves, afin de combler le manque d’occasions de spectacle que proposent ou non les écoles — souvent une ou deux fois seulement par an.

Johan : Paola, peux-tu me citer le spectacle qui représente le plus la compagnie ?

Paola : J’ai envie de te dire la fête de fin d’année qu’on a eue en juin, si je ne me trompe pas, où on s’est retrouvés pour la première fois, la plupart d’entre nous. Sachant qu’on est un collectif de presque 90 comédiens, on a pu faire des spectacles simultanés. Et pour moi, ça nous représente, c’est éphémère, on ne fait pas toujours la même chose. C’est ça l’impro : on vit l’impro à chaque étape, même dans l’organisation.
Donc, lors de notre fête d’anniversaire, on a pu jouer, si je ne me trompe pas, au minimum trois spectacles en même temps. C’était un truc super sympa, et je pense que c’est un moment qui, pour l’instant, m’a le plus marquée par sa grandeur, son énergie et la réussite que ça a été.

Johan : Théo, Paola vient de me dire que vous êtes un collectif de plus de 90 comédiens. Peux-tu m’expliquer, de manière organisationnelle, comment se déroulent les entraînements et les spectacles ?

Théo : Alors, juste un petit update : on est 80 membres, c’est un nombre en voie de stabilisation.
Sur le fond, nous n’assurons pas d’entraînements ou de cours à proprement parler : on se concentre sur l’organisation de spectacles.
Au niveau des principes organisationnels, au gré du bouche-à-oreille, des sollicitations (souvent venant de moi ou d’autres membres), on propose, sans obligation d’assiduité, de participer à des spectacles auto-organisés dans des lieux avec lesquels je définis un planning.
Nous nous appuyons sur une communauté qui permet de respecter une souplesse parfois extrême, tout en conciliant la vie de chacun.

Johan : Est-ce que vous jouez tous les types de formats de spectacles ?

Théo : Nous jouons une très grande majorité de cabarets, et plus rarement du catch et du match.

Johan : Donc pas de long format ?

Théo : Il y a eu de très rares spectacles de middle format, mais nous ne faisons pas de long format à proprement parler. Je crois qu’il y a eu un spectacle fin août, avec une mi-temps complète, donc environ 40-45 minutes, mais cela reste minoritaire.

Johan : Lorsqu’une date de spectacle se présente, s’il y a six comédiens prévus, comment faites-vous le choix parmi les 80 du collectif ?

Théo : Le critère, c’est la disponibilité. Les plannings se font par mes soins bien en amont des spectacles. Ensuite, il y a une base fixe qui sert de support pour l’expression des disponibilités ou indisponibilités pouvant intervenir avant la date.
Chacun exprime ses disponibilités sur des jours prédéfinis. Ils peuvent aussi indiquer une disponibilité partielle ou une incertitude. Ensuite, je fais des combinaisons qui assurent une équité des occasions de jeu par personne, la parité sur scène et une variété de rôles (régie, arbitre, joueur).

Johan : Paola, pour les spectacles, la philosophie serait plutôt :

  1. Pour le public, il faut leur donner ce qu’ils veulent.
  2. Pour nous, priorité à nos envies artistiques, tant pis si ça ne plaît pas à tout le monde.
  3. La vie est faite de compromis : notre spectacle sera un mélange des deux.

Paola : Eh bien, sûrement pas la B ! Évidemment, moi je suis le type d’élève qui a toujours répondu la réponse qui n’était pas dans les options. Donc j’ai envie de te dire petit D.
À chaque début de spectacle, on se rappelle à nous-mêmes, nous six : on est là pour s’amuser, pas pour se prendre la tête. On n’est pas là pour qu’un seul brille plus que les autres. On est une équipe, et on veut faire passer un bon moment à tous ceux qui sont venus nous voir.Donc je dirais petit D, parce qu’on joue pour le public, mais aussi pour nous, dans l’idée qu’on est bénévoles, qu’on n’a pas été forcés d’être là.
Chaque comédien, s’il ne le sent pas, ne rentre pas sur scène. C’est un mélange des deux, mais toujours avec en tête que le public doit passer un bon moment.

Johan : Théo, si la compagnie pouvait jouer à Bercy devant 5000 personnes et avec un budget illimité, que feriez-vous ?

Théo : D’abord, la Macarena.
Je consacrerais une partie du budget à mettre en place une mondovision.

Johan : Qu’est-ce qu’une mondovision ?

Théo : Une mondovision, c’est une diffusion mondiale en direct, pour que l’on puisse voir au plus grand jour des comédiens et comédiennes amateurs. Et aussi proposer un concept de spectacle inimaginable dans l’immédiat, mais qui ferait la part belle à la pluralité des formats et des structures d’impro rencontrées partout.

Johan : Paola, peux-tu finir ces phrases brièvement ?
Une bonne improvisation, c’est…

Paola : Celle qui donne de la joie.

Johan : Une mauvaise improvisation, c’est…

Paola : Celle qui ne provoque pas de réaction.

Johan : Le milieu de l’improvisation dans l’agglomération grenobloise, c’est…

Paola : très vaste.

Johan : La compagnie Azimut Impro, dans ce milieu, c’est…

Théo : C’est un collectif qui assure un brassage multi-niveaux et multi-structures, tout en permettant d’acquérir une grande expérience dans un contexte sécurisant, paritaire et progressiste.

Johan : Théo, quel est ton meilleur souvenir avec la compagnie ?

Théo : J’ai un million de bons souvenirs avec le collectif.
Je vais en citer deux : un spectacle incroyable fin janvier, un des rares catchs organisés par le collectif, dans un bar quasiment plein, avec une ambiance survoltée et un déroulé maîtrisé à la perfection.
Et puis, un beau souvenir humain : sur certains spectacles, rejoindre depuis la régie les comédiennes et comédiens pour les salutations et danser sur scène devant le public.

Johan : Paola, quel est ton pire souvenir avec la compagnie ?

Paola : Hmmm… je vais te répondre franchement, Théo, désolée.

Théo : Il n’y a aucun souci.

Paola : C’est un souvenir récent, il y a même pas une semaine, dans un des bars où j’ai le plus joué — presque notre deuxième maison. Ils nous accueillent toujours super bien, mais ce soir-là, à la fin du spectacle, ils nous ont apporté à manger… et pas de frites !
Et ça, ça a un peu gâché ma soirée, parce que leurs frites sont super bonnes. Donc voilà, c’était un peu une catastrophe pour moi.

Johan : Théo, si quelqu’un te contacte pour intégrer Azimut Impro, la réponse serait plutôt :

  1. Avec plaisir ! Tout le monde est le bienvenu !
  2. Pourquoi pas, mais viens faire quelques séances ou spectacles d’essai.
  3. Oui, mais uniquement si tu as déjà quatre ans d’expérience.
  4. Désolé, c’est complet.

Théo : Ce serait petit deux, avec complément. C’est quelque chose auquel je tiens beaucoup : oui, tu es bienvenu pour discuter, observer, expérimenter, et recueillir des feedbacks.
Mais avant tout, on prend le temps d’un entretien, parfois de plusieurs dizaines de minutes, pour parler de tout : le collectif, l’impro, la vie, ou des sujets sans rapport. Cela permet de sentir ce que chacun a dans le ventre. Donc, plutôt petit deux, avec complément.

Johan : Paola, si tu pouvais améliorer une chose grâce à une baguette magique, laquelle choisirais-tu, et pourquoi ?

Paola : Sans hésitation, je changerais la couleur de nos tenues. Je ne porte jamais de noir, et j’ai dû faire des achats pour pouvoir jouer avec Azimut, car il faut s’habiller en noir. Donc je changerais pour une tenue plus colorée.

Johan : Et toi, Théo ?

Théo : Grâce à une baguette magique ? Je vais être cash : j’aimerais que chaque comédien, dès qu’il joue, ramène automatiquement dix spectateurs avec lui, par bouche-à-oreille ou réseau.

Johan : Dernière question, Paola. Si tous les improvisateurs de l’agglomération grenobloise lisaient cette interview, que voudrais-tu leur dire ?

Paola : Azimut Impro est un collectif ouvert à tous ceux qui souhaitent approfondir ou mettre en pratique leurs techniques apprises dans les écoles d’impro. Mais c’est surtout un grand groupe d’amis et de comédiens qui cherchent à passer de bonnes soirées ensemble.

Johan : Et toi, Théo, pour conclure ?

Théo : Tout le collectif est un immense carrefour de rencontres, d’élargissement du champ des possibles, où l’on peut acquérir très rapidement beaucoup d’expérience, tout en se faisant plaisir, dans un cadre clé en main, sécurisant et bienveillant.

Johan : Merci beaucoup.
Paola : Merci beaucoup.
Théo : Merci.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *